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Pour le 400e anniversaire de la naissance de Mme de Sévigné, le musée Carnavalet met en avant les liens entre sa plus célèbre locataire et Paris

Pour le 400e anniversaire de la naissance de Mme de Sévigné, le musée Carnavalet met en avant les liens entre sa plus célèbre locataire et Paris

Le musée Carnavalet, sis quartier du Marais à Paris, est installé dans l'hôtel où la marquise de Sévigné, née Marie de Rabutin-Chantal, habita de 1677 à sa mort, en 1696. Forte de ce lien unique, l'institution réexamine, à partir de la correspondance de la femme de lettres et de 200 documents - portraits, gravures, autographes, sculptures... -, l'histoire politique et culturelle de Paris au siècle de Louis XIV.

Mise, malgré elle, au panthéon des grands écrivains de la France, l'épistolière est une auteure posthume, dont le nom est associé à des chocolats, des camemberts, des dragées médicinales, des stylos...

« Fais ce que voudras »

Elle n'avait jamais envisagé de publier ses lettres. La naissance de l'écrivaine doit beaucoup aux Mémoires posthumes de son cousin Roger de Bussy-Rabutin. Publiés en septembre 1696, ils comportent des lettres du cousin à sa cousine et cinq réponses de la marquise. Au début de 1697 paraît la Correspondance de Roger de Bussy-Rabutin. C'est dans cette édition précieuse - visible au début de l'exposition - que figure le plus long ensemble des premières lettres imprimées de Mme de Sévigné. Au XVIIIe siècle, après plusieurs publications pirates, Pauline de Grignan, marquise de Simiane, encouragea l'impression des courriers de sa grand-mère. Le mouvement est lancé. Aujourd'hui, plus d'un millier de lettres de Mme de Sévigné sont connues, dont les trois quarts adressées à sa fille, Françoise de Grignan.

La capitale du royaume de France occupe une place importante dans la biographie et la correspondance de cette Parisienne, née place Royale (actuelle place des Vosges), le 5 février 1626. Orpheline à 7 ans, Marie reçoit une éducation moderne. A 18 ans, elle se marie avec le marquis Henri de Sévigné. Il meurt en 1651 dans un duel, laissant à sa femme de 25 ans la responsabilité de l'avenir de leurs deux enfants : Françoise et Charles.

Du fait de son veuvage, la marquise gagne une certaine liberté. Elle participe à des cercles féminins animés par la marquise de Rambouillet ou par Mlle de Scudéry, surnommée « Sapho ». Le dogme de l'infériorité du sexe féminin y est contesté. Le droit à la liberté conjugale y est affirmé. Comme celui d'accéder à une vie de l'esprit autonome. Riche héritière, Mlle de Montpensier, cousine du roi, donne une dimension politique à ce combat intellectuel, en prenant parti lors de la Fronde. Mme de Sévigné ne resta pas à l'écart de l'actualité. Elle fut mêlée au procès Fouquet, fit la chronique de l'affaire des poisons, eut de terribles craintes pour son fils, en voyant quelle désolation la guerre produisait dans les rangs de l'aristocratie. Habile à obtenir la bienveillance du roi, elle porte sur la Cour un regard sévère, en se moquant des courtisans et de cette économie des faveurs. A ce monde des apparences, la marquise préfère le quotidien du « Paris comme il est ».

Une vie d'autant plus heureuse que la marquise a trouvé la perle rare. Le 7 octobre 1677, elle laisse éclater sa joie : « Dieu merci, nous avons l'hôtel de Carnavalet » ! Toute la famille peut y loger. Le rituel du café, les jeux de société et les conversations alternent avec la lecture ou le recueillement. Chacun pratique à son gré la devise inscrite sur tous les appartements : « Fais ce que voudras. Vive la sainte liberté ! »


Source LHistoire


À VOIR

Madame de Sévigné. Lettres parisiennes

jusqu'au 23 août au musée Carnavalet, Paris.

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Régine — Merci bcp On a besoin dune radio comme ça qui parle comme ça
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