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Vivaldi et moi de Damiano Michieletto : Rosso bravo

Vivaldi et moi de Damiano Michieletto : Rosso bravo

Voici sans doute le meilleur film qui ait été fait sur Antonio Vivaldi. S’il prend çà et là des libertés avec quelques détails historiques, Damiano Michieletto signe un long métrage raffiné, digne, d’une grande qualité esthétique, séduisant sans tomber dans la caricature pour touristes.

Au cinéma, Vivaldi ne connut jusqu’à ce jour que le pire. L’anecdotique (mais malin) Rouge Venise d’Etienne Périer inventait un thriller autour de la rencontre entre Goldoni et le Prêtre roux en 1735, lors de la création de Griselda ; Wojciech Pszoniak, ludion agité, y campait une caricature. Laissons le désastreux Antonio Vivaldi, un prince à Venise doté d’un scénario insipide. Table rase, donc, du passé. Le film Vivaldi et moi, qui aurait pu s’intituler Moi et Vivaldi, ne centre pas l’action sur le compositeur mais sur l’orphelinat-conservatoire de la Pietà où il enseignait. On le croise, mais l’œil de la caméra ne le fixe pas goulûment. Le réalisateur Damiano Michieletto, bien connu par ailleurs comme metteur en scène d’opéra, exploite l’idée subtile de Luigi Comencini pour son Casanova, un adolescent à -Venise (1969) : prendre pour prétexte les jeunes années du personnage célèbre pour montrer la Sérénissime des petites gens au mitan du XVIIIe siècle. Ici, le destin romancé d’une figlia – Cecilia, le « moi » du titre, qui excelle au violon – est le fil conducteur de l’action qui retrace le terne quotidien des orphelines recueillies par l’institution.

Oubliées, les images d’Epinal colportées par De Brosses dépeignant un lieu idyllique peuplé de jolies jeunes filles au bouquet de fleurs sur l’oreille et taquinant la muse ! Michieletto se garde aussi de porter le regard cru d’un Jean-Jacques Rousseau décrivant des laiderons ou des infirmes. Tant mieux ! Les qualités esthétiques de la photographie restituant fidèlement les petits gestes de tous les jours dans des costumes et un mobilier cohérent donnent envie de partager ces moments de vie menue réglés par la discipline : le silence lors des repas, les cuisines, les travaux ménagers, les dortoirs, le bain, en passant par la cellule où l’on enfermait les récalcitrantes, relatent de manière crédible ce que cachaient les hauts murs, loin de l’imaginaire fantasmé des visiteurs. Tout cela est bel et bon.

Le scénario imagine Vivaldi à trente-huit ans, au moment où, fin 1716, il compose Juditha triumphans. L’acteur Michele Riondino, qui l’incarne, en exprime subtilement le côté fiévreux qu’il teinte d’introversion romantique, une sorte d’inadapté social alla Chopin contraint de vivre son inspiration dans une Pietà-sanctuaire. Sur ce point, la peinture n’est pas exacte. En 1716, Vivaldi est au sommet de sa popularité ; il triomphe à l’opéra et vient de publier sa Stravaganza. La représentation que propose le film s’éloigne de la personnalité duelle et agitée qui semble avoir été celle du compositeur, aussi intransigeante que tendue et enthousiaste, avec sans doute une pointe d’arrogance orgueilleuse. 

Moments de vérité

Comme le roman historique, le cinéma a l’habitude de manier l’uchronie et d’aménager les faits à sa convenance. Mais 1716, c’est précis. Et là, ça ne va plus. On y voit Vivaldi jouer devant le roi du -Danemark : soit. Il l’a fait… en 1709, et a offert au souverain, en hommage, ses Sonates op. 2. Qu’il en ait interprété une devant lui se concevrait aisément ; mais que l’on entende ici le mouvement lent du Concerto pour violon op. 11 no 1 est hautement fantaisiste : il date d’environ 1727. De même, le RV 152 pour cordes que répètent les musiciennes ne sera composé que cinq ans après le moment où le film situe l’action. Dommage ! Car, heureusement, les autres citations musicales sont antérieures à l’intrigue et donc concevables, depuis le « Cum dederit » de son Stabat mater qu’il fredonne jusqu’à la Follia de ses jeunes années et au Largo e spiccato de l’Opus 3 no 11 que jouent les figlie devant le lit d’agonie d’un noble vénitien. L’une des forces du film : la musique de Vivaldi trouve toujours place dans un contexte d’exécution, sans jamais être utilisée comme arrière-plan sonore. 

Une grande réussite de Michieletto, d’ailleurs, tient dans la reconstitution des répétitions de l’oratorio Juditha triumphans. Les filles découvrent le chœur initial et s’initient à le chanter a capella, avec le simple continuo d’un clavecin qui déchiffre mal. Vivaldi passe de l’une à l’autre, encourage, précise, conseille. La camera le suit, cherche la proximité. On y est. Pour ces beaux moments de vérité, saluons ce Vivaldi et moi.

Vivaldi et moi de Damiano Michieletto. En salles à partir du 29 avril 2026.


Source Diapason




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Régine — Merci bcp On a besoin dune radio comme ça qui parle comme ça
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