Orphelin du génocide arménien, il avait traversé la Méditerranée en clandestin, pour débarquer à Marseille sans papiers, sans asile, sans ressources.
Il s’était épris de cette terre d’accueil, au point de mourir pour elle, pour ses principes de liberté, d’égalité et de fraternité, dont il entretint la flamme dans la nuit de l’occupation nazie, avec des milliers d’autres résistants communistes étrangers.
A l’occasion d’une cérémonie commémorant l’appel du 18 juin, l’Élysée a confirmé l’entrée au Panthéon de Missak Manouchian, poète et ouvrier, commissaire militaire des FTP-MOI parisiens sous l’autorité de Joseph Epstein. Ce temple républicain accueillera ses cendres avec celles de son épouse Mélinée.
La « bravoure singulière » et l’« héroïsme tranquille » de ce résistant communiste
Dans un communiqué, la présidence de la République a salué la « bravoure singulière » et l’ « héroïsme tranquille » de ce résistant communiste, en soulignant l’intention de célébrer, à travers lui, le sacrifice de tous les FTP-MOI, pour « fédérer tous les combattants engagés dans la lutte contre le nazisme ». À cet égard, tous les résistants et otages fusillés au Mont-Valérien seront déclarés « morts pour la France ».
Il était temps. Après l’entrée au Panthéon des résistants Félix Éboué (1949), Jean Moulin (1964), René Cassin (1987), Jean Monnet (1988), André Malraux (1996), Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion, Jean Zay (2015) et Joséphine Baker (2021), Missak Manouchian est le premier résistant communiste à être ainsi honoré.
Cela doit beaucoup à la mobilisation des descendants de réfugiés arméniens, toujours très attachés à la figure de ce héros, et à l’engagement de sa petite-nièce Katia Guiragossian, du sénateur communiste Pierre Ouzoulias, de l’historien Denis Peschanski.
Tous les trois étaient présents dimanche, dans la clairière du Mont-Valérien, où périrent 1 008 résistants français et étrangers, où furent exécutés, le 21 février 1944, vingt-cinq hommes, dont vingt-deux membres des FTP-MOI et parmi eux Manouchian.
La vingt-troisième, Olga Bancic, fut déportée en Allemagne pour être décapitée à Stuttgart, le 10 mai – le jour de son anniversaire.
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