Parmi les éclaireurs de la liberté, le combat de la mémoire collective appelle désormais Missak Manouchian à rejoindre, au Panthéon, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion, Pierre Brossolette et Jean Zay, qui y ont fait leur entrée en 2015. Ouvrier et poète, résistant de premier plan au sein des Francs-Tireurs et Partisans – Main-d’Œuvre immigrée (FTP-MOI), Manouchian était un immigré arménien dont la tête fut placardée dans Tout-Paris par la propagande nazie sur l’ «Affiche rouge», aux côtés de ses camarades de Résistance. Comme le souligne le sénateur PCF des Hauts-de-Seine, Pierre Ouzoulias, face à ceux qui font commerce politique des questions identitaires, cette panthéonisation permettrait de rappeler à notre conscience commune qu’on a pu mourir pour la France et la République quand on n’était pas français.
Ce 27 mai 2023, comme un clin d’œil de l’Histoire, fut aussi celui où Odette Nilès, résistante communiste, décida de quitter notre monde à 100 ans, soit près de quatre-vingt-deux ans, après son fiancé Guy Môquet. Dans une lettre à son épouse Mélinée, quelques heures avant son exécution, Manouchian écrivait : «Je m’étais engagé dans l’Armée de libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la liberté et de la paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la liberté sauront honorer notre mémoire dignement…»
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