« Nous renverrons les forces militaires basées aux Maldives conformément à la loi », tonne Mohamed Muizzu après sa victoire à la présidentielle, le samedi 30 septembre dernier. Sur l’île de Malé, la capitale des Maldives, l’homme au fin collier de barbe blanche sait que son discours est écouté bien au-delà de l’archipel.
Si le pays est l’un des plus petits et des moins peuplés au monde, il est au centre de grands enjeux géopolitiques. Situées au sud-ouest de la pointe sud de l’Inde et donc sur une route maritime très fréquentée, les Maldives entretenaient jusqu’à présent d’excellents liens avec le pays de Narendra Modi. Ce dernier a d’ailleurs félicité Mohamed Muizzu sur X, mettant en avant des « relations […] qui ont fait leurs preuves depuis longtemps ».
Durant le mandat d’Ibrahim Mohamed Solih, qui n’a rassemblé que 46 % des voix au second tour, l’État insulaire s’était en effet rapproché de l’allié historique indien. Celui-ci avait notamment envoyé aux Maldives quelques hommes, des petits avions de reconnaissance, et était déjà intervenu sur l’archipel en 1988 pour empêcher un coup d’État.
L’ancien président emprisonné pour corruption libéré
C’est à cet héritage diplomatique que Mohamed Muizzu préfère un rapprochement avec la Chine, marchant dans les pas d’Abdulla Yameen, président de 2013 à 2018. En prison pour corruption et blanchiment d’argent, le maître a d’ailleurs été libéré par son élève quelques heures après l’élection.
Lors de son mandat, Yameen avait contracté plusieurs prêts auprès de la puissance chinoise, désireuse d’augmenter son influence dans l’océan Indien. Le symbole de cette relation sino-maldivienne est la construction en 2018 du pont Sinamalé, reliant Malé aux îles de Hulhule (où se situe l’aéroport international) et de Hulhumalé.
L’ouvrage a permis aux habitants de la région de ne plus dépendre des trajets en bateau, et de drainer toujours plus de touristes. Mais Mohamed Muizzu, déjà présent dans le gouvernement d’Abdulla Yameen, voit plus grand.
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