Depuis la rentrée, sur plus de 900 lycées des milliers de jeunes ont décidé de ne plus subir en silence. On a voulu les faire passer pour des élèves en quête d’une excuse pour sécher les cours. Il suffit pourtant de les écouter quelques minutes pour mesurer à quel point ce mépris passe à côté de l’essentiel.

Car cette mobilisation est d’une richesse rare. Les lycéens savent parfaitement ce qu’ils veulent et pourquoi ils le veulent. Ils dénoncent le manque de professeurs, qui touche aujourd’hui deux tiers des lycées de France. Ils refusent une école à deux vitesses, où le public s’épuise pendant que le privé, bien souvent confessionnel, prospère. Ils parlent de Parcoursup comme d’une angoisse qui les poursuit de la seconde à la terminale, avec ce sentiment d’échec annoncé et l’impression que leur avenir est un impensé. Ils parlent aussi des rythmes scolaires, des bâtiments qui tombent en ruine, des classes surchargées. Rien de tout cela n’est un caprice. C’est le constat lucide d’une génération qui voit le service public de l’éducation se délabrer sous ses yeux.

Une parole lycéenne qui déborde

Les « Cahiers de doléances des lycées » que nous avons lancés en sont la meilleure preuve. Nous en recevons chaque jour de toute la France, et nous sommes littéralement submergés. Page après page, les lycéens y déposent leur colère, mais aussi leurs aspirations. Ils proposent, ils imaginent, ils dessinent l’école qu’ils veulent. Quiconque prétend que cette jeunesse n’a rien à dire devrait prendre le temps de les lire.

Il faut aussi saluer l’inventivité de ce mouvement. Pancartes, banderoles, slogans, prises de parole devant les grilles, assemblées improvisées dans les cours de récréation. Les lycéens ont trouvé mille manières de se faire entendre. Ils ont surtout su tisser des liens avec leurs professeurs. Les images d’enseignants mobilisés aux côtés de leurs élèves pour défendre des conditions d’enseignement dignes resteront comme l’un des symboles forts de ce mois de septembre.

Ils demandent des professeurs, des locaux dignes, un avenir qui ne soit pas tiré au sort par un algorithme.

Le piège de la répression

Face à cette jeunesse, la réponse du gouvernement a été d’une violence inacceptable. Plus de 600 lycéens interpellés, certains âgés de 13 ans à peine, comme à Pantin. Des adolescents mutilés, édentés, éborgnés en marge de certains blocus. Cette répression a un objectif clair, celui de dépolitiser le mouvement et de détourner l’attention des revendications légitimes portées par la jeunesse.

Les lycéens ne sont pas tombés dans ce piège. Mardi dernier, au Blanc-Mesnil, des élèves de la JC ont organisé une opération de nettoyage devant leur lycée. Munis de sacs et de gants, ils ont nettoyé l’espace qu’on les accusait de dégrader. Ce geste dit tout de la bonne foi de cette mobilisation. Ces jeunes aiment leur lycée. C’est précisément pour cela qu’ils se battent pour lui.

L’organisation comme rempart

Face aux provocations et aux caricatures, le meilleur rempart reste l’organisation. Elle protège les lycéens et elle donne de la force à leurs revendications. C’est le rôle que le Mouvement des Jeunes Communistes de France entend jouer, aux côtés de toutes celles et ceux qui refusent l’abandon de l’école publique.

À ceux qui gouvernent, nous disons simplement ceci. Écoutez les lycéens. Ils ne demandent rien d’extravagant. Ils demandent des professeurs, des locaux dignes, un avenir. Ils demandent l’égalité. Et sur toute la ligne, ils ont raison.

Bastien Bonnargent, secrétaire général du mouvement des Jeunes Communistes