Alors que le mois d’Octobre rose met à l’honneur la lutte contre le cancer du sein, la fin du remboursement du Zoladex, actée cet été par le gouvernement, suscite l’inquiétude. Ce traitement fondamental pour des milliers de malades ne sera plus pris en charge à partir du 15 décembre prochain, à la demande exclusive du laboratoire AstraZeneca pour des motifs financiers.

Face à la détresse des malades et aux craintes liées au changement de traitement, le ministère se retranche derrière des discours évasifs et laisse le champ libre aux industriels de la santé.

Un déremboursement brutal motivé par le profit au détriment des patientes

Publiée cet été au Journal officiel, la radiation des implants de Zoladex 3,6 mg et 10,8 mg de la liste des médicaments remboursables doit prendre effet le 15 décembre. Cette mesure ne découle d’aucun problème de sécurité ou d’efficacité médicale. Elle répond uniquement à une requête du laboratoire AstraZeneca, qui estime le tarif réglementé français trop bas pour maintenir sa rentabilité. Ce choix étatique impacte directement plusieurs milliers de personnes en France : des femmes non ménopausées touchées par un cancer du sein hormonodépendant et des hommes atteints d’un cancer de la prostate.

En plein mois de sensibilisation, de nombreuses malades ont découvert cette radiation via les réseaux sociaux ou des associations comme Jeune & Rose, sans avertissement préalable de leurs médecins ou pharmaciens. Pourtant, un changement de molécule n’a rien d’une simple formalité administrative. Au micro de Sud Radio, le président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), Pierre-Olivier Variot, prévient que changer de molécule en cours de traitement « pose problème pour le malade ». L’association RoseUp se veut plus rassurante et rappelle que des équivalents remboursés existent (Enantone, Decapeptyl), mais elle cite aussi l’ablation des ovaires parmi les options pouvant être proposées aux patientes métastatiques ou âgées de plus de 40 ans. Celles qui voudront conserver leur traitement devront le financer intégralement : environ 86 euros par mois au prix actuel du dosage mensuel, hors marges des grossistes et des pharmacies, qui deviendront libres. Une somme rarement couverte par les mutuelles.

Interrogée le 2 octobre au micro de Sud Radio au sujet des craintes légitimes des malades, la ministre de la Santé Stéphanie Rist s’est fendue d’une réponse particulièrement évasive. Affirmant que les autorités travaillent sur le sujet, elle a renvoyé la responsabilité sur les complémentaires santé, avant d’assurer que « Nous sommes dans un pays qui protège vraiment le mieux. » Une posture qui masque mal le renoncement de l’État face aux exigences financières des laboratoires.

L’État a-t-il réellement les mains liées ?

Face à cette situation dramatique, les autorités font valoir qu’elles n’ont accepté la demande d’AstraZeneca qu’après avoir vérifié, avec la Haute Autorité de santé, l’existence d’alternatives remboursées. L’exemple australien montre pourtant que le laboratoire peut reculer. Mobilisées cet été contre le retrait pur et simple du Zoladex mensuel, les patientes australiennes ont fait fléchir la firme pharmaceutique. En Australie, AstraZeneca a souscrit à l’engagement de fournir gratuitement le Zoladex mensuel dès le 1er novembre 2026 pour toutes les personnes démunies d’alternative adaptée.

Pourquoi la France n’a-t-elle obtenu aucune garantie de ce type en signant les arrêtés de déremboursement ? En cédant sans autre contrepartie connue qu’un délai de six mois, face à des motifs purement économiques, le gouvernement crée un précédent dangereux. Il offre aux industriels un moyen de pression redoutable pour imposer leurs conditions tarifaires dans les négociations.


Source Liberté Actus