Les adhérents du Parti communiste français se sont prononcés à 72% pour la candidature du secrétaire national à l’élection présidentielle de 2027.
Simon Dechet / La Marseillaise
Le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) a confirmé sa candidature à l’Élysée au journal de TF1, dimanche soir, assurant avoir fait « un choix largement réfléchi » et porter « un projet de rupture ».
« Cela fait des années que je parcours la France. Je suis maire d’une commune du Nord, je connais la France de l’intérieur. Je sais les souffrances et les espérances de changement de nos concitoyens. Mais il faut un vrai changement ! Un changement qui va redonner du pouvoir d’achat, qui va respecter les travailleurs. C’est pour ça que j’ai fait ce choix, avec un programme, un projet de rupture pour notre pays », a souligné Fabien Roussel.
« Vivre ! C’est ce mot que je souhaite porter »
À 57 ans, celui qui représentait déjà les communistes lors de la présidentielle, en 2022 (2,28% des suffrages), a recueilli 72,06% des voix en faveur de sa candidature dans ce scrutin interne au parti, a indiqué dimanche le PCF, qui chiffre la participation à 24 000 votants.
Fabien Roussel a évoqué sa feuille de route pour cette campagne présidentielle, avec un mot d’ordre : « Vivre ! C’est ce mot que je souhaite porter. Pouvoir vivre de son travail. Sur cette question, je me distingue. Vivre avec un travail qui paie correctement, qui permet d’élever ses enfants, de faire ses courses. Vivre d’un travail dans lequel on s’épanouit, où l’on peut décider de ses choix. Reconstruire une France qui produit des richesses en respectant la nature, les êtres humains, les salariés. »
Le candidat, réélu début juillet à la tête du PCF avec 70,1% des voix, a détaillé une stratégie qui s’appuie, notamment, sur un plan climat : « Nous sommes les seuls à avoir un projet avec un plan climat qui donne une trajectoire carbone dans lequel on va doubler la production d’électricité nucléaire, renouvelable, hydraulique et qui va permettre de réindustrialiser la France. Nous proposons de doubler la part de l’industrie dans le PIB : ce sont 2 millions d’emplois à créer. C’est bon pour le travail de chacun, pour nos jeunes, mais aussi bon pour le climat, pour notre souveraineté économique. Nous sommes les seuls à mettre ce projet : le plan climat et la réindustrialisation de la France, avec un travail qui rémunère et qui permet à chacun de vivre dignement. »
Autre thème abordé par Fabien Roussel, la fraude et l’évasion fiscale : « Aucun candidat n’en parle. Je souhaite mettre ce sujet au cœur de la campagne, au cœur de la République. On devrait tous se rassembler dans ce combat contre la fraude et l’évasion fiscale. Sous Emmanuel Macron, les plus riches qui ont été pris la main dans le pot de confiture peuvent négocier leur amende. C’est inadmissible. Il s’agit d’un privilège de classe que je souhaite abolir et faire en sorte que les fraudeurs passent par la case prison ou par la déchéance des droits civiques ou encore des travaux d’intérêt général. ça leur ferait peut-être du bien d’aller travailler dans les hôpitaux qui manquent de moyens à cause de ces 80 à 100 000 milliards d’euros qu’il manque au budget la France. »
« Que la gauche redevienne majoritaire »
Fabien Roussel rejoint de nombreux candidats sur la ligne de départ à gauche, divisée notamment entre Jean-Luc Mélenchon (LFI), Marine Tondelier (Les Écologistes) et les candidats de la primaire du pôle socialiste et démocratique comme Raphaël Glucksmann et Olivier Faure. « Je vais faire un choix dans cette campagne, c’est de ne pas parler des autres, mais mettre en avant mon programme. Le problème de la gauche, ce n’est pas qu’il y ait plusieurs candidats, le problème de la gauche, c’est qu’elle n’est pas majoritaire dans le pays. Ce que je souhaite, c’est pouvoir contribuer à ce qu’elle redevienne majoritaire. Aller convaincre des hommes et des femmes qui ne votent plus ou qui s’égarent dans leur vote. Je ne souhaite m’en prendre à personne à gauche. C’est pour ça que je souhaite porter des propositions qui puissent rassembler », a-t-il martelé.
