Africaine, je suis … Je le sais quand mes jambes fourmillent... Que le monde me semble étroit... Qu’au bout d’un voyage, je guette l’ennui... Qui me rappelle combien l’Afrique est vaste et infinie… J’ai vu arriver, Les vandales, Les Romains, Les Arabes, Les Turcs, L’Homme blanc, Et j’en oublie … Ma vue les effrayait-elle tant, Que tous en partant, Ont prétendu avoir habillé, Mon corps honteusement dénudé, De pudeur, De civilisation, De vêtements chauds, …et je demeurais triste pantin, Alourdi d’avoir appris la peur des saisons, Moi, qui m’émerveillais de leurs couleurs changeantes… Africaine, je suis… Je parle de la neige et son tapis blanc … De la pluie quand elle est hors- saison … Du soleil, car pour moi, c’est un présent … De la mer et son appel incessant … Africaine, je suis … La nature envoie des signaux, Ce ne sont pas que des bulletins météo… J’éteins la télé, Et sous mon déguisement pudique, civilisé, léger ou lourd … Je veux parler du temps, Emerveillée et surprise … Je veux prêter ma voix à la nature, Qui ne cesse de raconter, Ce que de la terre, nous avons fait … Et si je parle de la neige, de la pluie, du vent, C’est parce que AFRICAINE, je suis … Descendante du premier Homme, Ni désabusée… Ni blasée… La nature est un eternel émerveillement, Un pan du ciel, De la fenêtre de mon appartement, Et c’est reparti… 23 Janvier 2017 Nadia Belkacemi