Et l\'Humanité nous invite aux yeux d\'Elsa mais mieux encore à son feu, le feu d\'Elsa, titre superbe d\'un hors-série de textes inédits et de photos sorties de l\'ombre, dont le quotidien communiste nous donne un avant-goût, Elsa Triolet qui par Louis Aragon son homme incarna l\'amour, le fou d\'Elsa, les yeux d\'Elsa, elle en riait et parfois en souffrait, \"je suis la muse et la malédiction du poète, je suis belle et je suis repoussante, on me bourre de pensées et de sentiments comme une poupée de son, sans que j\'y sois pour quelque chose\", écrivait-elle, et la voilà donc par ses mots simplement: une écrivaine et résistante qui obtint le premier prix Goncourt de la France libérée, elle venait de la Russie révolutionnaire, elle avait aimé le poète Maïakowski, Maxime Gorki l\'avait encouragée à écrire, elle maniait une langue lucide dans laquelle elle apostrophait Aragon dont l\'amour proclamé était une dépossession... \"Ma peine te dérange, il ne faut pas que j\'ai mal juste quand tu as tant à faire, même ma mort, c\'est à toi que cela arriverait\"... Et résonne la voix de tant de femmes... Elsa et Aragon reposent ensemble au moulin de Saint-Arnoult ce sont les mots d\'Elsa qui ornent le tombeau, \"Quand côte à côte nous serons enfin des gisants, l’alliance de nos livres nous unira pour le meilleur et pour le pire.\"